Le Diable en Corse – 1

La corse est une terre de légendes dans lesquelles le diable intervient fréquemment. J’ai ici condensé plusieurs petits récits pour n’en faire qu’un expliquant certaines particularités géographiques, allant du “Capu Tafunatu”, littéralement la tête trouée aux lacs de Crena et de Nino et leurs différences.

Le Diable Illustration du Paradis Perdu de J. Milton par Gustave Doré
Le Capu Tafunatu

Saint Martin, en bon pâtre, s’attardait sur notre île, il faisait paître ses troupeaux dans la vallée du Niolo. Un beau jour, un pauvre hère se présenta à lui, lui demandant d’entrer à son service. Le Saint, voyant l’état du pauvre homme , accepta, mais, à la nuit venue, il eut la révélation de l’identité de son visiteur. L’odeur de souffre qu’il dégageait avait trahi le Diable.  Saint Martin lui annonça donc au petit matin qu’il l’avait reconnu et le renvoya, mettant ainsi le diable de méchante humeur.

Notre Diable furieux installa donc ses forges près d’un lac voisin, le lac de Nino, près de l’endroit où Saint Martin menait son troupeau.  Notre mais Martin avait beau être un Saint, il n’en était pas moins taquin et joueur et défia le diable. Tout maître des enfers qu’il fut, il serait incapable de travailler à la manière d’un homme et de tirer un sillon tout droit sur les abords du lac pour y planter quoi que ce soit. Si le diable y échouait il devrait quitter la région.

Le Malin riant de ce défi , attela ses deux énormes bœufs à sa charrue et entreprit de tracer son sillon. Saint Martin égrenait son chapelet et au beau milieu du sillon, le soc de la charrue heurta un énorme bloc de granit dont rien ne laissait supposer la présence et se brisa, faisant perdre son pari. De rage le diable lança le reste de sa charrue en direction de la montagne dans laquelle il fit un trou de belle envergure, ainsi naquit ce que l’on nomme encore le “capu tafunatu”, un des sommets remarquables de la région. Toujours à sa colère, le diable revint à ses bœufs, décidé à les lancer par vengeance sur les habitants de la vallée, mais ceux-ci avaient été pétrifiés, quant à saint Martin, il avait bel et bien disparu…

— à suivre —

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